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La vie des autres…

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Difficile de ne pas faire demi tour lorsque la gentille dame qui vend les tickets vous annonce comme ça de but en blanc « C’est un film allemand en version originale sous titrée qui dure 2h20″. Ok alors on prend son courage à deux mains et on y va (même pas peur) et on se dit que les nombreuses récompenses de cette production allemande sont sûrement méritées…et que, pour une fois, on va suivre les conseils de Télérama. Et je dois avouer que le réalisateur, Florian Henckel Von Donnersmarck, (un bon point à celui qui prononce son nom sans bafouiller), a tenu son pari. Mais quel pari me direz-vous? Et bien celui de rendre compte avec exactitude de l’ambiguïté des sentiments humains.

L’ Allemagne de l’est au début des années 80, Georges Dreyman auteur à succès et sa compagne, font parti de l’élite intellectuelle de l’État communiste. Jusqu’au jour ou Wiesler, membre de la stasie, a pour mission de l’observer. La traque commence pour débusquer dans le quotidien du couple une preuve de leur opposition au régime. Mais l’enquête se transforme rapidement en fascination. L’agent secret tombe dans une complète admiration et falsifie alors les rapports qu’il doit rendre à son supérieur. Et c’est la toute la force du film qui fait d’un agent froidement intègre de la stasie, un homme attachant que l’on se surprend à aimer de plus en plus. Tiraillé entre haine et admiration, entre émotion et colère, le spectateur sort de la séance l’estomac noué. Un malaise reflétant notre propre ambiguïté, notre propre vie où le manichéisme n’a pas sa place. Capable du meilleur comme du pire, c’est notre lot quotidien. Et le réalisateur allemand nous renvoit notre image en pleine figure…

Ce film ne vous arrachera pas une larme mais vous prendra aux tripes. C’est, à mon avis, ici que réside la différence entre un bon film et un grand moment de cinèma. Alors un conseil, n’hésitez pas une seconde lorsque la dame qui vend les tickets vous annoncera comme ça de but en blanc « C’est une film allemand en version originale sous titrée d’une durée de 2h20″. Vous comprendrez alors que pour vivre pleinement sa vie, il faut d’abord comprendre celle des autres…

ML. 


  1. AuRéLiE ! écrit:

    Et ba ! ch’ui su’l'cul gâ ! Ca c’est un article qui donne envie !!!

    Citer | Posté 1 avril, 2007, 12:49
  2. actualysa écrit:

    Coucou,

    Ce blog commence bien et je conseille aux enseignants, quels qu’ils soient à venir lire tes aricles afin de juger ta maîtrise de l’écriture journalistique. ;-)
    C’est très bien Marine et si je peux te donner un conseil : met les affiches qui correspondent au film que tu « critiques » si bien!
    Bisous etmerci pour le lien à mon blog qui est très bien aussi! (venez, vous ne le regretterez pas!)

    Citer | Posté 1 avril, 2007, 12:51
  3. takeiteasy écrit:

    Merki ça fait plaisir et ça rassure! bon bloggage à toutes les deux

    Citer | Posté 1 avril, 2007, 13:16
  4. Laurence écrit:

    Merci, Marine pour cette belle analyse.. en ce qui me concerne lorsque j’ai vu ce film j’ai aussi apprécié que cette période de l’histoire (la guerre froide et ses aléas) soit traitée de manière humaine.
    Ras le bol des films d’espionnage où tous les cocos étaient des méchants-méchants et les ricains des supers gentils…
    Ah… si la vie était aussi simple et facile qu’un film américain… tout se règlerait à coup de bourre-pif… que du bonheur…

    Citer | Posté 3 avril, 2007, 15:26
  5. takeiteasy écrit:

    de toute manière si lon en croit les films ricains, la fin du monde approche alors plus de problème!!

    Citer | Posté 3 avril, 2007, 15:41
  6. xavier écrit:

    Je viens de lire ton article. C’est une très bonne critique que tu fais du film. Toute mon attention (du film) s’est portée sur Wiesler. Ce personnage à l’allure d’un Kevin spacey ordinaire devient de plus en plus attachant. C’est par lui que l’admiration passe. Cette mise en abyme du théâtre avec les représentations des comédiens sur scène et dans leur appartement (sans qu’ils le sachent) nous montre que la vie n’est qu’un théâtre. Tout repose sur les apparances. Chaque personnage porte au début du film un masque, celui du poète avec Greyman, celui de l’agent secret avec Wiesley. Peu à peu sa fonction d’agent secret le devient vraiment dans tous les sens du terme. Cette admiration qu’il porte, ce fascinement vu à travers ses yeux, les yeux d’un « diable » est sans doute le nid de l’art du film. Sa blessure vient du fait qu’il porte un ange en lui. C’est un personnage qui parle peu, la puissance du non-dit est vite remplacée dans son regard. Son corps prend le relais et ses yeux traduisent et « trahissent » ses émotions, comme lui trahit ses camarades, ou du moins les anciens.

    Citer | Posté 24 mars, 2008, 18:01

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